Après 21 heures, les adolescents ne devraient plus regarder d’écrans

Après 21 heures, les adolescents ne devraient plus regarder d’écrans

Sous ce titre, le journal Le Temps a publié un excellent article le 20 juin dernier.

Se référant à une étude menée par l’Université de Genève et les Hôpitaux universitaires de Genève en cours de publication dans la revue scientifique Sleep, l’article démontre qu’un usage intensif des écrans a un fort impact sur la qualité du sommeil et sur les performances scolaires.

L’enquête conduite depuis 2014 auprès de 600 adolescents de 12 à 19 ans avait pour objectif d’étudier l’impact sur la qualité du sommeil de l’utilisation des écrans, en mesurant en particulier le niveau de mélatonine, hormone de régulation des rythmes chrono-biologiques, dans la salive. Au lieu de dormir de neuf à dix heures par nuit, comme cela devrait être le cas pour des personnes de cette tranche d’âge, les sujets de l’enquête dormaient en moyenne sept heures seulement. Or, plusieurs études ont démontré « qu’une restriction chronique de sommeil à un jeune âge était associée à un risque accru de développer de l’hypertension, de l’obésité, des troubles de l’humeur – y compris de la dépression – et pouvait avoir un effet délétère sur le niveau de vigilance, les fonctions exécutives et sur l’apprentissage en cours de journée ».

L’excitation émotionnelle créée par les jeux vidéo et la lumière bleue émise par les écrans retardent en effet l’endormissement.

Selon Simone Schwartz, professeur au Département des neurosciences de l’Université de Genève, restreindre l’utilisation des écrans après 21 heures a eu un réel impact positif. En passant de 80 à 20 minutes d’utilisation des écrans après 21 heures, les élèves ont gagné en moyenne 17 minutes de sommeil par nuit, ce qui leur a permis d’améliorer leurs performances cognitives la journée.

Raphaël Heinzer, directeur du Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil du CHUV à Lausanne, souligne le bien-fondé de cette enquête et recommande de laisser le téléphone hors de la chambre à coucher.

La lecture de cet article m’a rappelé un livre passionnant, que j’avais lu l’année dernière et qui permet de mieux comprendre le rôle vital que joue le sommeil dans l’acquisition de savoirs, de savoir-faire et de connaissances.

Stanislas Dehaene — Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines

Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene, paru chez Odile Jacob à Paris en septembre 2018, traite en effet dans son chapitre 10 intitulé La consolidation du rôle majeur que joue le sommeil dans le processus d’apprentissage.  

Stanislas Dehaene, « psychologue cognitiviste et neuroscientifique français né le 12 mai 1965 à Roubaix » (Wikipédia) explique dans cet ouvrage de façon détaillée les processus neuronaux mis en œuvre dans l’apprentissage. Il démontre également l’avantage qu’a l’humain, même encore bébé, sur la machine grâce à ses intuitions. <Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene, paru chez Odile Jacob à Paris en septembre 2018, traite en effet dans son chapitre 10 intitulé La consolidation du rôle majeur que joue le sommeil dans le processus d’apprentissage.

Stanislas Dehaene, « psychologue cognitiviste et neuroscientifique français né le 12 mai 1965 à Roubaix » (Wikipédia) explique dans cet ouvrage de façon détaillée les processus neuronaux mis en œuvre dans l’apprentissage. Il démontre également l’avantage qu’a l’humain, même encore bébé, sur la machine grâce à ses intuitions.

Dans la troisième partie de cet ouvrage, il passe en revue les quatre piliers de l’apprentissage, qui sont pour lui l’attention, l’engagement actif (voir mon précédent blog intitulé « Qu’apporte l’Apprentissage par l’Autonomie »), le retour sur erreur et la consolidation.

C’est dans ce dernier aspect que le sommeil joue un rôle crucial. Il aide à automatiser l’apprentissage.

Voici quelques citations extraites de l’ouvrage cité de Dehaene :

« Ainsi, tant qu’un apprentissage n’est pas automatisé, il absorbe les précieuses ressources de l’attention exécutive et empêche l’enfant de se concentrer sur toute autre chose. Consolider un apprentissage, c’est rendre les ressources du cerveau disponibles pour d’autres objectifs ». (Page 295)

« Nous avons déjà vu que l’apprentissage bénéficiait beaucoup d’un espacement régulier : plutôt que d’avaler toute une leçon en une journée, mieux vaut distribuer les apprentissages tous les jours. La raison en est simple : toutes les nuits, notre cerveau consolide ce qu’il a appris la journée. (…) tandis que nous dormons, notre cerveau se répète les événements importants qu’il a enregistrés pendant la veille et, progressivement, il les transfère dans un compartiment plus efficace de notre mémoire » (Page 296)

« La quantité d’apprentissage varie directement en fonction de la durée du sommeil, et surtout de sa profondeur. En plaçant des électrodes sur le scalp, on peut évaluer la qualité du sommeil, et cette mesure prédit à quel point les performances sont meilleures au réveil ». (Page 297)

« Le cerveau endormi n’apprend pratiquement rien, il ne peut que rejouer ce qu’il a déjà éprouvé. Pour apprendre une compétence aussi complexe qu’une nouvelle langue, la seule chose qui fonctionne, c’est de s’entraîner durant la journée, puis de dormir pour laisser le sommeil réactiver et consolider ce que nous avons appris ». (Page 303)

Dans les dernières pages du livre consacrées au sommeil, Dehaene tire des conclusions très semblables à celles de l’étude genevoise citée plus haut, mais fait remarquer en outre qu’avec la puberté le cycle se décale légèrement et que les adolescents n’éprouvent guère le besoin de se coucher le soir et ont de la peine à se réveiller le matin. Il suggère donc aux directeurs d’écoles de décaler le début de la journée scolaire. « L’expérience a été menée avec succès : différez l’entrée à l’école d’une demi-heure ou d’une heure et tout change : Les adolescents dorment mieux, leur absentéisme se réduit, leur attention en classe augmente et leurs performances scolaires s’améliorent ». (Page 310)

Vous doutiez-vous qu’un sommeil suffisant et profond avait une telle importance ?

Si vous désirez en savoir plus, je vous conseille vivement cette vidéo d’environ cinq minutes : https://www.youtube.com/watch?v=MMvzA5SfBGk/span>

Dans la troisième partie de cet ouvrage, il passe en revue les quatre piliers de l’apprentissage, qui sont pour lui l’attention, l’engagement actif (voir mon précédent blog intitulé « Qu’apporte l’Apprentissage par l’Autonomie »), le retour sur erreur et la consolidation. 

C’est dans ce dernier aspect que le sommeil joue un rôle crucial. Il aide à automatiser l’apprentissage. 

Voici quelques citations extraites de l’ouvrage cité de Dehaene :

« Ainsi, tant qu’un apprentissage n’est pas automatisé, il absorbe les précieuses ressources de l’attention exécutive et empêche l’enfant de se concentrer sur toute autre chose. Consolider un apprentissage, c’est rendre les ressources du cerveau disponibles pour d’autres objectifs ». (Page 295)

« Nous avons déjà vu que l’apprentissage bénéficiait beaucoup d’un espacement régulier : plutôt que d’avaler toute une leçon en une journée, mieux vaut distribuer les apprentissages tous les jours. La raison en est simple : toutes les nuits, notre cerveau consolide ce qu’il a appris la journée. (…) tandis que nous dormons, notre cerveau se répète les événements importants qu’il a enregistrés pendant la veille et, progressivement, il les transfère dans un compartiment plus efficace de notre mémoire » (Page 296)

« La quantité d’apprentissage varie directement en fonction de la durée du sommeil, et surtout de sa profondeur. En plaçant des électrodes sur le scalp, on peut évaluer la qualité du sommeil, et cette mesure prédit à quel point les performances sont meilleures au réveil ». (Page 297)

« Le cerveau endormi n’apprend pratiquement rien, il ne peut que rejouer ce qu’il a déjà éprouvé. Pour apprendre une compétence aussi complexe qu’une nouvelle langue, la seule chose qui fonctionne, c’est de s’entraîner durant la journée, puis de dormir pour laisser le sommeil réactiver et consolider ce que nous avons appris ». (Page 303) 

Dans les dernières pages du livre consacrées au sommeil, Dehaene tire des conclusions très semblables à celles de l’étude genevoise citée plus haut, mais fait remarquer en outre qu’avec la puberté le cycle se décale légèrement et que les adolescents n’éprouvent guère le besoin de se coucher le soir et ont de la peine à se réveiller le matin. Il suggère donc aux directeurs d’écoles de décaler le début de la journée scolaire. « L’expérience a été menée avec succès : différez l’entrée à l’école d’une demi-heure ou d’une heure et tout change : Les adolescents dorment mieux, leur absentéisme se réduit, leur attention en classe augmente et leurs performances scolaires s’améliorent ». (Page 310) 

Vous doutiez-vous qu’un sommeil suffisant et profond avait une telle importance ?  

Si vous désirez en savoir plus, je vous conseille vivement cette vidéo d’environ cinq minutes : https://www.youtube.com/watch?v=MMvzA5SfBGk